Chercher à influencer : une attitude naturelle et très répandue dans notre quotidien

Dans le Bourgeois gentilhomme de Molière, M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir. En matière d’influence, il en va de même pour nos concitoyens. Cette activité – en réalité une démarche d’influence en vue d’atteindre un objectif – n’est pas toujours bien comprise et perçue. Elle est parfois décriée. Il est vrai que certains comportements regrettables lui ont donné une pitoyable image. Pourtant, à un moment ou à un autre de notre vie, nous cherchons tous à influencer celui qui prend une décision ! Car tous, nous voulons défendre nos intérêts ou des intérêts qui nous sont chers, et partout : sphère privée, entreprises, cadre associatif (caritatif ; sportif ; syndical ; politique ; etc.) et bien d’autres lieux encore.

Nous pénétrons le domaine des affaires publiques dès lors que la personne que nous cherchons à influencer est un décideur public ou politique : un maire, un assistant parlementaire, un conseiller régional, un fonctionnaire de l’administration, un représentant de la Commission européenne, etc. Et en la matière, nous sommes également actifs d’une façon ou d’une autre, sans toujours le savoir. Les Gilets jaunes, rouges ou bleus en sont un exemple. Les signataires de pétitions le sont aussi, tout comme ceux qui rédigent des manifestes, des lettres ouvertes, des communiqués de presse ; ceux qui rédigent des tribunes ou des livres ; ceux qui organisent des conférences à destination indirecte des politiques ; ceux qui s’engagent dans des associations, e.g. de quartiers ; ceux qui alimentent certains blogs ; ceux qui distribuent des tracts dans les marchés ; ceux qui s’opposent à l’érection d’une statue sur la place du village ; ceux qui descendent des centrales nucléaires en rappel… Les exemples ne manquent pas. Regardez attentivement autour de vous !

La fragmentation de nos démocraties

Ces démarches sont d’autant plus nombreuses et régulières que nos démocraties se fragmentent de plus en plus. L’analyse extrêmement développée de Jérôme Fourquet (L’archipel français – Naissance d’une nation multiple et divisée) le montre bien et explique cette multiplicité d’influences locales, régionales, nationales ou européennes. La multiplicité des lieux de pouvoirs et de décisions l’expliquent aussi. D’où cette importante question : y a-t-il une vraie subsidiarité ?

Entrer dans une logique de dialogue et non de pure revendication

Faisant de l’influence sans le savoir, il est un Rubicon qu’un très grand nombre n’osent franchir : celui de la professionnalisation. Cela implique, sans doute, de reconnaître que l’on est plongé dans une démarche d’affaires publiques et d’influence. Pourtant, utiliser des outils et des méthodes avérés est fructueux tant pour nos intérêts que pour les pouvoirs publics.

Chacun peut sortir gagnant grâce à une professionnalisation de la démarche : l’objectif est de considérer l’interlocuteur comme un partenaire, pas comme un opposant ou un adversaire.

Le politique veut un environnement propice à a croissance économique et sociale. S’opposer, revendiquer, marteler sans écouter n’est pas le gage d’un dialogue serein et bénéfique. Il est possible de demander, avec professionnalisme, et d’obtenir satisfaction : ce professionnalisme accentuera la crédibilité et la légitimité de notre démarche. Cela évitera de se disperser, de faire seulement « du bruit ». Et cela évitera aussi de bloquer les pouvoirs publics dans un coin, tel un lion blessé. Un manque de professionnalisme sera contre-productif à l’avenir : à quoi bon discuter avec celui qui ne cesse de vous vilipender publiquement ou celui en qui on n’a guère confiance ? Le conflit remplace le dialogue et en général il n’en sort pas grand chose de bon.

Une démocratie apaisée

S’engager dans une démarche d’affaires publiques et d’influence avec professionnalisme, et ne pas en avoir peur : tel est ce qui pourra véritablement défendre, protéger et promouvoir vos intérêts à court, moyen et long termes ! L’expérience le démontre… ainsi que le succès des entreprises qui ont sauté le pas. Il en résultera par ailleurs un dernier avantage, non négligeable : une démocratie bien plus apaisée !