Un débat (bien français ?) émerge à nouveau depuis quelques temps dans la presse et l’univers politique : travailler plus ? comment ? dans quel(s) but(s) ? Il ne s’agit pas ici de se prononcer et d’apporter une réponse définitive mais bien au contraire d’alimenter la réflexion. Car la version préliminaire d’un rapport du Conseil national de la productivité, publié ces jours derniers, met en exergue de vrais axes d’amélioration… et qui ne sont pas nécessairement liés au temps de travail lui-même.

Installé par le président Macron en 2018 à la demande des instances européennes, ce Conseil a décortiqué l’évolution de notre compétitivité et souligne nos faibles gains de productivité par rapport à nos voisins européens. Cela présente plusieurs risques, précise le rapport préliminaire, et notamment celui d’une tension croissante sur le financement des prestations sociales (notamment des retraites) et celui d’un manque de financement pour la transition écologique.

Outre les effets, c’est aux causes que les experts se sont aussi attaqués et deux d’entre elles sont clairement ressorties, regroupées sous les termes sans équivoques d’« insuffisances en matière de management et de compétences » : « l’insuffisance des compétences de la population » et « un score moyen de la France »  quant à « la qualité du management et des pratiques organisationnelles au sein des entreprises ». Nous sommes loin de la durée du temps de travail, critère essentiel (selon certains) à l’accroissement de notre compétitivité. Approche quantitative contre approche qualitative…

Il nous semble pertinent, également, d’ajouter une autre dimension à la compétitivité : comment les entreprises contribuent-elles à l’environnement législatif et réglementaire qui les aide, les porte… ou les contraint ? Comment les pouvoirs publics prennent-ils en compte les intérêts des acteurs économiques et sociaux lorsqu’ils pensent, préparent et votent des textes ? Ne faudrait-il pas réviser les modes de collaborations entre le privé et le public pour que notre pays favorise la multiplication de partenariats ?

Ne faudrait-il pas aussi chercher à décloisonner davantage deux mondes qui, hélas, se regardent trop souvent face à face plus qu’ils ne regardent dans la même direction ?

C’est le sens du collectif qui contribuera, également, à relancer notre compétitivité et notre productivité. Nous avons tous besoin les uns des autres : politiques, pouvoirs publics et entreprises !