Le 23 avril dernier, le quotidien Les Echos publiait plusieurs articles sous le titre « Les pistes pour réduire le prix des logements neufs ». L’un d’eux faisait indirectement référence à l’importance de l’Etat et de ses lois dans le secteur : normes, fiscalité, obligations diverses. Cette importance est confirmée par les 15 propositions du manifeste européen rédigé et publié récemment par Build Europe, qui regroupe les fédérations de promoteurs, constructeurs et aménageurs de plusieurs pays européens.

Ce secteur en appelle aux autorités publiques françaises et européennes. Est-ce à dire que la croissance pour certaines activités ne dépend que du politique ? Cela signifie-t-il que l’environnement législatif et réglementaire s’imposant à des acteurs économiques et sociaux est plus déterminant que les stratégies développées par ces mêmes acteurs ? Quelle est l’impulsion clef : moins de lois et davantage d’actions de l’Etat, ou plus d’offensives commerciales et moins d’immixtion des pouvoirs publics ?

La fiscalité est souvent mise en avant et c’est un excellent exemple. A l’origine, l’impôt était destiné à financer les dépenses de l’Etat, au service de l’intérêt général. Puis, l’impôt a de plus en plus été utilisé pour orienter et modeler des comportements. Les illustrations sont légions : les taxes sur le diesel ou les cigarettes, la fiscalité dite écologique, les dons aux associations, la fiscalité sur le recrutement et le licenciement, la fiscalité routière, etc. Nos comportements, finalement, devraient dépendre des modes d’imposition. L’objectif même de l’impôt a changé ! Et finalement, nos décisions dépendent indirectement de l’Etat puisque ce dernier nous incite (ou pas) à agir de telle ou telle façon. Rien d’étonnant, donc, à ce que l’on constate en matière fiscale se retrouve dans d’autres domaines : le logement, le transport, le télé-travail, le recrutement et le licenciement, la formation, la création ou la cession d’une entreprises, etc.

Les pouvoirs publics et les entreprises (mais aussi les associations) ne peuvent évoluer les uns sans les autres. Les relations sont devenues beaucoup trop interdépendantes, que cela soit visible ou pas. Mais le vrai danger réside dans la domination de l’un sur l’autre, et donc dans une relation de dépendance. C’est à un véritable équilibre qu’il convient d’aboutir. Un équilibre fragile, précaire et toujours à protéger. Un équilibre qui passe par un partenariat public-privé avec, toujours, le souci du long terme et non pas de  l’immédiateté.

Build Europe : Le logement, un défi européen : une nouvelle stratégie