L’action politique, surtout aux niveaux national et européen, est souvent décriée. L’actualité de ces derniers mois ne cesse de le montrer. Nous ne reviendrons pas ici sur tous ces signes témoignant des désaffections de beaucoup. Nous ne chercherons pas non plus à savoir qui a raison et qui a tort. Malgré tout, force est de constater qu’un certain nombre de responsables publics ne font rien pour améliorer cette image :

  • Le psychodrame autour du Brexit ternit la réputation de tous les politiques britanniques et, par ricochet, de l’action politique elle-même. Où est la démocratie ? Où est l’éthique de responsabilité ? Où est le respect de l’électeur ?
  • Depuis les élections européennes de mai, les luttes entre partis européens et entre certains Etats jette aussi le discrédit sur nos dirigeants : tout ne se résumerait-il donc qu’à des postes, des diktats ou des vengeances ?
  • Les récentes auditions au Parlement européen ont braqué les projecteurs sur des conflits d’intérêts dont nos dirigeants peuvent être les protagonistes, suggérant que bien d’autres zones d’ombres sont encore dissimulées : comment nos élus peuvent-ils alors valablement défendre l’intérêt général ?
  • L’affaire Lubrizol de Rouen a, parmi d’autres, renforcé la question que de plus en plus d’analystes se posent : quelle crédibilité pour la parole publique ?

Refonder les processus démocratiques…

En France, l’exécutif se lance dans une refonte du processus démocratique qui ne dit pas son nom : tirages au sort, conventions citoyennes, consultations en ligne, grand débat, conseils divers, expérimentation de la suppression des enquêtes publiques pour les remplacer par d’autres consultations… Tout cela témoigne, en réalité, d’un besoin de mieux coller aux attentes et aux besoins de la population. Mais la raison qui justifie ce besoin est vieille comme le monde : le dirigeant a besoin de s’imprégner de la réalité pour mieux diriger (et être réélu).

… ou mieux écouter les entreprises ?

Si l’on cherche à mieux définir les aspects de cette réalité sur lesquels les électeurs se prononcent, élection après élection, la réponse est claire : It’s the economy, stupid !, pour reprendre les propos de James Carville, ancien directeur de campagne de Bill Clinton en 1992. C’est en effet l’emploi, la formation, le recrutement, la fiscalité, le pouvoir d’achat, le logement, le transport, la flexibilité, la concurrence, etc. Autant de sujets sur lesquels les entreprises ont véritablement leur mot à dire (et peut-être d’abord avant d’autres acteurs). S’imprégner de la réalité, pour mieux coller aux attentes des électeurs, consiste donc aussi (et d’abord) à s’immerger dans la vie économique de notre pays et de nos territoires.

Un besoin de dialogue et de partage d’expertises

Les élus et les administrations ont besoin d’expertises, de suggestions, de remontées de terrains, de propositions. Il suffit que les acteurs économiques n’entrent pas en relation avec les pouvoirs publics et ces derniers sont automatiquement coupés de la réalité. Les succès économiques et politiques sont d’abord là où entreprises, administrations et élus ont su instaurer un vrai dialogue. Le superbe exemple de Vitré, avec Pierre Méhaignerie, le démontre : 4,6% de taux de chômage (entre autres). Pourquoi ne pas s’inspirer de ses méthodes ?

Ainsi, redorer le blason des politiques passerait par davantage de lobbying ? Oui ! Car s’ils veulent comprendre et coller aux attentes de notre pays, les pouvoirs publics se doivent de dialoguer toujours plus et mieux avec le monde économique. Leur image, et leur réputation, en sortiront grandies ! Tout cela doit se faire en transparence et sans oublier que l’élu demeure le seul garant de l’intérêt général.

Ludovic Espitalier-Noël – www.influences-reputation.bzh